Un peu d'histoire:Les sauges officinales, connues depuis la nuit des temps, ont acquis au fil des années une popularité mondiale
C'est grâce à leurs vertus médicinales et aux croyances qui les entouraient que des écrits et les transmissions orales sont parvenus jusqu'à nous.
Ce type de sauge a traversé les siècles et les continents aussi bien comme aliment que comme médicament.
La plus vieille représentation trouvée d'une sauge, datant de 1400 avant J.C., est sur une fresque à Knossos en Crête.
Les romains, dans leurs conquêtes, ont disséminés le genre à travers toute l'Europe. Ils la cueillaient à la main et pieds nus, avec beaucoup de respect.
Nous savons qu'elle était déjà connue à l'époque des pharaons. La sauge était utilisée pour soigner toutes sortes de maux: problèmes digestifs, infections des muqueuses, inflammation…
En Inde, elle était également utilisée dans la médecine Ayurvédique (système médical complet, reconnu, considéré comme le plus ancien de l'histoire humaine).
Lors de rites primitifs, les Amérindiens pratiquaient la 'cérémonie de la Fumée'. Cela consistait à faire brûler de grandes brassées de sauges et, avec les mains, à diriger la fumée vers les parties malades de son corps. De la même manière, ils purifiaient leur esprit.
Considérée comme une herbe sacrée, Charlemagne la faisait cultiver par ses fermiers et la plaçait en tête de liste des herbiers royaux.
Elle a également joué un rôle dans la magie médiévale. On lui conférait un pouvoir salvateur qui allait même jusqu'à réunir des couples désunis. On perçait trois fois une feuille de sauge et on y enfilait un cheveux de chacun des époux. On brûlait ensuite cette feuille sur le seuil du domicile conjugal. Amour éternel était alors garanti.
La sauge était aussi un composant du célèbre "vinaigre des quatre voleurs" qui détroussaient les cadavres en 1630 à Toulouse en pleine épidémie de peste sans être contaminés. Quand ils furent arrêtés, ils avouèrent qu'ils s'enduisaient le corps avec ce vinaigre.
Toutes ces croyances n'étaient pas infondées puisque les récentes étude de biochimie ont démontré les qualités antibactériennes et antisudorifiques de cette plante, ainsi que ses effets sur la ménopause.
Plus de 500 espèces furent découvertes sur le continent américain, le restant étant réparti sur les continents africain, européen et asiatique. Curieusement, on ne rencontre pas de sauge à l'état sauvage en Australie.
Philippe Miller (1691-1771), jardinier de Chelsea Physic Garden, échangeait les résultats de ses recherches avec le jardinier du Jardin Botanique de Leiden aux Pays-Bas.
Au XVIIIéme siècle, la Grande Bretagne et la Hollande ramenaient des Indes, du Nouveau Monde et d'Afrique australe de nouvelles semences et de nouveaux plants dont faisaient partie SALVIA africana-lutea, SALVIA patens, SALVIA argentea…
Carl von Linné (1707-1778), naturaliste et médecin suédois, est le fondateur de la nomenclature binomale des plantes. Il rédige, sous le nom Carolus Linneaus, une multitude de livres consacrés à la botanique. La classification linnéenne des espèces devient dès le début du XIXème siècle le système le plus répandu. Il est l'auteur de nombreuses descriptions d'espèces de sauges.
Jean Baptiste Lamarck (1744-1829), né à Bazentin le Petit (Picardie), devient en 1781 botaniste du roi et décrit lui aussi de nombreuses espèces.
Dans les années 1830, Georges Bentham, dans son Genera et Species Labiatum, fait l'état de 291 espèces de sauges.
Les multiples expéditions botaniques depuis les années 1850 ont considérablement accru le nombre d'espèces découvertes: 900 à nos jours.Sans compter les variétés et autre cultivars.